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Cette immense bâtisse baignée d’ombre et de soleil, plus palais que
demeure, est parsemée comme autant d’étapes dans un labyrinthe,
de salles où se succèdent un grand nombre d’ oeuvres. Des toits et
terrasses de sa maison-musée, se déploie une vue à couper le souffle sur
le Rhône, entre les tours Jeanne d’Arc et Nicolaï. Le Musée des Anges
abrite la passion de cette grande artiste, par ailleurs collectionneuse de
génie, qui revisite avec humour et compassion les traditions séculaires
d‘un art sacré populaire.
Collages, incrustations, boites “théâtralisées“, sculptures, toiles, craies à
la cire lourdes de matière, pastels, autant de visions artistiques que l’on
découvre, émerveillé du privilège de visiter le lieu même où s’invente
l’acte de création d’un artiste contemporain.
Le chemin de connaissance
de celle qui se définit parfois comme “le fruit d’une dictature céleste“
s’enroule autour des Mythes, des Anges, des Amazones. Des figures
symboliques qui lui inspirent une géographie métaphysique touchée
par la grâce, la souffrance, l’introspection et aussi une certaine ironie.
On ne sort pas, un soir d’été dans les ruelles du joli bourg provençal,
complètement indemne d’une rencontre avec la vision tumultueuse du
monde de Léna Vandrey.
Née en Pologne dans une famille allemande, baptisée par Carol Voytila
qui n’était pas encore Jean-Paul II, sa révolte et sa générosité sont
communicatives. La collection “images inédites du paradis“ inspirée
des paysages d’Ardèche réinvente une mystique moderne qui lui fait
dire en exergue de cette série “après de longs vols j’arrivais au jardin
d’Eden, et n’y trouvais personne“…
Princesse de la matière, insolente, rebelle et visionnaire Léna Vandrey,
qui eut pour mentor Dubuffet et cultive pour Goya, Matisse ou
encore Soutine une admirative fraternité, glisse jamais apaisée, mais
accompagnée par les Anges, dans une Ardèche de lumière.
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